mercredi 18 janvier 2012

La musique

La musique
Vaste sujet car ce terme concerne aussi bien les élucubrations sonores de Frank Zappa,les arpèges pompeux et choucroutesques de Richard Strauss,les crises d'épilepsies de la J-Pop qui,oh merveille de la technologie détruit à la fois les yeux et les oreilles ,les feulements électriques des punks j'en passe et des meilleures.
La musique calme,rend fou furieux,hypnotise,fait danser,tape horriblement sur les nerfs,milite,cire des kilomètres de pompes selon son auteur et ses interprètes.
Le sort actuellement réservé à la musique (ça y est,je suis encore passé en mode"vieux con qui radote")est quand même bien triste:prisonnière de fadasses galettes en plastique échantillonnée à la tronçonneuse par des mongoliens à moitié sourds,elle est avec la dématérialisation du support en phase de disparition.
Avant,l'achat d'un disque était une petite fête:on apprenait l'existence de l'objet par le bouche à oreille,on préparait l'acquisition en fantasmant sur le contenu si on avait pas eu l'occasion de le découvrir avant,on se demandait comment il allait être présenté,quel photographe ou illustrateur loufoque allait se faire plaisir avec la bête.
Plus de ça maintenant,en trois clics entre une bière et un grattage de burnes,tout est potentionnellement  accessible gratuitement certes mais à l'état d'ectoplasme et parasité souvent par un clip immonde.
Heureusement,il reste la magie du concert et les amateurs d'acétate n'ont pas dit leur dernier mot.
Bon,je vous quand même un truc à bouffer sinon,vous allez vous barrer  si ce n'est pas déjà fait...







Bon,reprenons.
Non content d'avoir assassiné le support,les majors ont depuis longtemps opéré des mélanges douteux:musique garage dans des pubs pour bagnoles,techno à fond dans les fêtes foraines(pauvres gosses),sonorisation sirupeuse des supermarchés pour tenter d'aveugler le client sur le fait qu'il n'est qu'un robot(de robotnik:travailleur en Russe) à la con en train de se faire racketter par des charlatans.
Dès la fin des années 50,ça commençait à sentir le pâté pour les compositeurs,les grandes compagnies de disques ont vite compris qu'elles pouvait traiter ses"ouvriers" comme du bétail;impossible pour un groupe ayant un minimum d'ambition de ne pas passer par la case "requins"et de ne pas se faire imposer le format,la quantité d'albums qu'ils produiront avec obligation assez rapidement(années 70) de faire deux ou trois daubes commerciales pour faire du chiffre.
L'arrivée en masse du clip vidéo(années 80)porte une nouvelle estocade aux musiciens.
Si le clip est assez souvent le moyen pour un réalisateur de faire des expériences de tenter des choses qui ne passeraient jamais dans un film,s'il y a dans la masse d’authentiques chefs d’œuvre,il y a surtout beaucoup de merdes désastreuses déconnectées complètement du sujet qui gênent l'écoute.
Rapidement,à de rares exceptions,le clip ne servira plus que de cache misère à un contenu pas terrible:on met des gugusses qui bougent dans tous les sens avec une tonne d'effets foireux pour faire oublier l'état tragique du malade.



Nouveau coup dur pour la musique:l'arrivée en masse des synthétiseurs bon marché.
Avant,faire de la musique électronique était une véritable odyssée:il fallait être soit capable de construire ses propres machines soit être capable de programmer d'immenses meubles au fonctionnement parfois fantasque.
Paradoxalement,ces nouveaux engins ont aussi permis l'émergence de la scène New-Wave/Cold Wave permettant un sérieux dépoussiérage d'un art qui était partiellement en train de s'encrouter.
Tout le monde va s'y mettre:punks avec les fameuses boîtes à rythmes à deux balles,musiciens conceptuels...une musique entièrement électronique va également s'imposer avec d'infinies variantes et les labels indépendants qui vont avec.
Comme les sept plaies d’Égypte,une série de calamités va enfin s'abattre sur la musique dans les années 90 avec,en vrac,l'arrivée fâcheuse du "laser",le rap Américain débile et ultra violent,les émissions de télé réalité,la techno faite trop souvent avec les mêmes machines ,les mêmes sons vulgaires et un rythme à la mitraillette,les réseaux sociaux ont quand à eux fait pas mal de dégâts:beaucoup de prétendants et peu d'élus.
Bon,
il y quand même pas de quoi se suicider:il y a encore beaucoup de groupes qui montent sur scène,il y a toujours des labels bizarroïdes et des types qui ont la ferme intention d'écouter autre chose que des bruits de marteaux piqueurs ou de la soupe,la musique même à l'état de fantôme circule à pleins tubes sur le Net ce qui permet à un prolo galeux comme moi de m'envoyer ma dose de sons et de me tenir un minimum au courant de ce qui est encore achetable

Putain,c'est trop long,personne n'a du tenir jusque là...

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