jeudi 4 juillet 2013

2017:le Dispositif Portable de Suicide (DPS)


image:source:all things lovely

à l'origine,le Dispositif Portable de Suicide(DPS) avait été conçu pour les personnes âgées.

En accédant par le biais de réseaux d'influences douteux au poste de Ministre de la Santé,le Docteur Grégory avait proposé cette solution au Président fraichement élu pour alléger les finances de la Sécurité Sociale grevées par un taux de cotisants faibles et l'allongement de l’espérance de vie de la population.
En gros,il fallait par un moyen simple,radical et économique éliminer le problème à sa source et donc faire diminuer le nombre de bénéficiaires en très mauvaise santé,sortis de toute façon du circuit d'une vie active et productive.

La première mouture du projet consista en la création d' "Espaces Suicide"*(ES) collectifs ou individuels où le "client " pouvait choisir de mourir par injection,asphyxié ou électrocuté.
l'"Espace Suicide"était équipé d'un accès handicapé,de larges fauteuils en cuir,d'un mini bar offrant divers snacks et spiritueux et d'une installation multimédia dernier cri.
Le tout se déroulait en toute confidentialité derrière des vitres fumées et insonorisées.
Ce fut pourtant un échec et les macabres installations n'eurent qu'un petit succès d'estime sans rapport avec les lourds investissements qu'elles avaient généré en Recherches et Développement,coûts de fabrication et de mise en place et campagne publicitaire ciblée fort tapageuse.

Ce fut alors que celui qu'on appellera "le bon docteur" eut l'idée lumineuse de proposer le DPS misant sur le côté provoc' et spectaculaire du procédé et sur les pulsions exhibitionnistes des personnes physiquement diminuées et dépendantes.
Les efforts du Docteur Gregory furent enfin récompensés au delà de toutes espérances à tel point qu'il fallu ensuite agir pour enrayer ce qui deviendrait un "must have",un phénomène de mode.

De prime abord,rien ne désignait ce presque jouet vendu sous blister en pharmacie comme le prochain auteur d'une hécatombe.
Le concept était d'une simplicité redoutable:le DPS était en fait ni plus ni moins qu'un révolver miniaturisé à usage unique et à un coup.
Pour mettre en service l'appareil,il suffisait de dévisser une sorte de bouchon en bouton de porte muni d'un long pas de vis qui libérait l'unique balle de l'arme et la plaçait à l'endroit adéquat,il fallait ensuite enclencher le percuteur après avoir retiré autour de lui une enveloppe en plastique faisant office de sécurité,puis,en suivant les schémas obligeamment fournis avec l'arme,viser d'une façon adéquate et faire feu d'une main ferme,un second essai n'étant pas possible  l’objet se détériorant sous le choc.
Le côté jetable de l'objet et l'emploi de balles n'étant efficaces qu'à courte portée empêchait théoriquement son emploi par les truands.

Ce fut un franc succès et les vieillards se ruèrent sur l'article pas nécessairement pour en faire usage mais pour ajouter une dimension tragique à leurs habituels cortèges de jérémiades ,ceci dit,on déplora tout de même plusieurs dizaines de milliers de décès en quelques mois.
Mais là où l'on fut surpris c'est que le DPS exerça en même temps une attractivité redoutable auprès des jeunes souvent dépressifs,désœuvrés,désorientés non qu'ils veuillent obligatoirement attenter à leurs jours mais par souci d'affirmation,de rébellion,le mini revolver passa rapidement des tiroirs de tables de nuits de nos anciens aux poches de nos chers bambins.
Les fabricants flairant l'affaire se mirent à produire rapidement et illégalement des déclinaisons factices ou non du DPS qui se virent affublés de diodes,de couleurs hideuses,d'interfaces diverses;rapidement,avoir quinze ans et ne pas se balader avec un tel gadget en sautoir devint impensable.
Bien sur,toute utilisation et possession du revolver fut rapidement interdite,en attendant,il y eut de part et d'autre des deux extrêmes de la population près de cent mille décès et entre deux et trois cent mille blessés.

*idée inspirée d'un épisode de Futurama

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