dimanche 4 août 2013

2017:"La fin (déprimante) des primeurs"

(image:source:omnilogie.fr)


C'est au début du printemps 2017- si tant est que l'on puisse parler de printemps concernant cette succession de journées grises glaciales et pluvieuses- que les super et hyper marchés jetèrent l'éponge:il n'y aurait plus de fruits et de légumes frais dans les linéaires hormis quelques fondamentaux résistant à tous les outrages climatiques .
Il faut dire que depuis 2013,les maraîchers n'ont jamais été épargnés:gel tardif,inondations,orages,bourrasques de vent parfois inexplicables,hivers glaciaux ,étés torrides et archi secs...
Du coup, on a vu la modeste botte de radis flirter outrageusement avec les deux euros,ne se contentant plus de ses 80 centimes ordinaires,cette pétasse,les goldens en polystyrène? :Trois euros cinquante ma pauv' dame!Les navets?: deux euros déjà que de plus en plus de gens se posaient la question de l'utilité de ce légume au gout douteux,là c'était mort !
C'était un crève cœur que de voir moisir les rares rescapés de l’Armageddon tentants certes mais hors d'atteinte à ceux qui n'avaient pas l'heur d'être avocats,médecins,traders ou Bernard Tapie.
Pour nous fournir quand même notre dose quotidienne de fibres et de vitamines,les grandes enseignes trouvèrent rapidement une solution:finis les végétaux qui pourrissent et qui dévorent de nombreux mètres carrés,place aux bocaux,aux verrines,aux terrines de fruits,de légumes,assemblages d'abord simples puis de plus en plus complexes,de la bouffe pour longs séjours dans l'espace  !
à l'entrée du magasin,finis les assemblages organiques de caissettes,de paniers,de blisters transparents,place au laboratoire culinaire au verre et au plastique transparents,au packaging fluo,baroque,faisant passer les enseignes du pays du soleil levant pour des galeristes spécialisés dans l'art Pré-Raphaélite !
Ceux qui voulaient croquer du frais n'avaient plus le choix:soit ils transformaient leur jardin en bunker à l'épreuve des intempéries,soient,citadins ou feignasses ils devaient faire appel aux services des producteurs locaux qui leur fournissaient leur came dans des conditions et à des tarifs qui rappelèrent à nos chers aïeux les délices du marché noir.
Seule consolation, l'humble navet servi en compôtée caramélisée au gingembre fit un malheur chez les hipsters en 2018 à tel point qu'il fallut en importer de pays dont aucun occidental n'avait jamais entendu parler...

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