lundi 2 septembre 2013

2017:Les allocations planifiées.

Ayant habité dans une grande ville,j'ai connu le fameux phénomène du 5 du mois,instant magique où tous les crève la dalle dont je faisait partie à l'époque- j’étais artiss', oui môssieu!- reçevaient leur maigre viatique.
Dès cet argent durent glandé reçu,c'étaient de véritables hordes de galeux qui se mettaient à envahir les hard discount pour acheter des plats industriels cancérigènes et de quoi ne pas dessaouler pendant dix jours.
C'était énervant mais gérable,il suffisait de se dire:5 du mois=pas bien et d'attendre deux ou trois jours ou alors de mettre des fringues montrables et d' aller se faire escroquer dans de vrais hypermarchés .
Avec l'explosion du nombre de chômeurs à partir de 2017,l'affaire se compliqua,surtout dans les Ardennes ou pour la première fois,le seuil fatidique des 50% de sans emplois fut franchi.
Impossible pour un gérant de supermarché de gérer de tels flux rapides,dévastateurs comme une nuée de sauterelles sur des récoltes Africaines et de composer avec de telles amplitudes de consommation:du premier au 5 du mois,personne à part deux ou trois retraités qui viennent discuter dans les rayons mais qui n'achètent rien,du 5 au 8,haro sur la marchandise!,tout doit disparaitre!,du 9 au 15,quelques courses mais rien de bien méchant,du 16 au 20,quelques clopinettes,du 21 au 5 du mois suivant ,rien,nada,peau de zob,seuls quelques gamins qui survivaient en vendant du shit pouvaient encore se permettre quelques extras;ils apprirent d'ailleurs rapidement à ne plus venir vu"comment c'était trop la repère..."
Il fallut agir énergiquement:les mères de famille et les mecs pas trop costauds se tapaient des sueurs froides à l'idée de se fader les courses et d'être pris en période de rush dans un pugilat monstre,une foire d'empoigne,une blitzkrieg civile,des coups à se retrouver à poil dans un institut psychiatrique sans comprendre ce qui vous est arrivé.
C'est un énarque qui trouva enfin la solution(enfin je devrais dire l'énarque vu que dans les Ardennes on a pas trop de sous pour les études et que le le matos intellectuel de base n'est pas terrible...):il fallait planifier,diluer artificiellement le phénomène en étalant sur trois jours ouvrables la distribution des pensions,aides au" jamais de retour à l'emploi",allocations aux spices de counards qui ont quinze gosses et qui n'ont pas un kopek pour les nourrir, essai tes rats.
Il fallut aussi instaurer des créneaux horaires et journaliers en jouant sur l'ordre alphabétique pour que l'accès à la sainte marchandise ne se transforme pas en calvaire et que chacun puisse repartir sans trop de heurts avec son butin;tant pis pour l'étourdi qui avait alors oublié le sel ou le détartrant à chiottes,il devait alors retenter sa chance dans plusieurs jours en essayant d'être moins con la prochaine fois-pas gagné!-
Inutile de préciser que le marché noir,spécialité Française se développa à une vitesse pharamineuse aux alentours des temples commerciaux,j'indiquerais bien des prix que j'y aie alors constaté mais je risquerais alors encore de passer pour un fantaisiste et un mythomane.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire