samedi 18 janvier 2014

"Les gondoliers" 2017/2043

A partir de l'été 2024 de sinistre mémoire où il plut 83 jours d'affilée se développa un nouveau phénomène que l'on nomma par dérision "les gondoliers".
Il s'agissait au départ d'individus un peu plus débrouillards,chanceux ou prévoyants que les autres et qui,bénévolement ,venaient seconder les secours pour mettre personnes et biens matériels à l'abri.
Tout ceci se faisait évidemment dans le plus pur amateurisme,la barque de pêche côtoyait le canoë gonflable ,rares étaient les embarcations respectables et le tout se faisait parfois au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité.
C'est en 2027,lors d'une saison estivale là encore déplorable que s’amorçât un changement:les sauveteurs d'opérette se dirent que tout bien considéré étant donné la régularité des phénomènes pluvieux,ils pourraient vivre de leur activité,qu'ils pourraient ainsi échapper au statut de crevard désœuvré dans lequel ils étaient trop souvent englués et accéder au titre modeste mais ronflant de micro-entrepreneurs.
Ces braves gens se firent effectivement de non négligeables pécules en transbahutant tout ce qui était à leur portée.
En Juin 2029 fut créée l'Association Professionnelle des Itinérants Fluviaux qui exigeât de ses membres qu'il passassent un brevet de secourisme, qu'ils équipassent leurs embarcations de matériel de sécurité et de soins et qu'ils passassent une sorte de permis prouvant qu'ils étaient capables de se sortir des situations délicates dans lesquelles ils pourraient éventuellement se retrouver.
Le moindre acte fut dument tarifé en fonction de la complexité,de la dangerosité et de la durée de son exercice,si les pros du canotage devaient théoriquement laisser la priorité aux secours officiels ,ils étaient le plus souvent les premiers sur les lieux  et usaient de cet argument pour convaincre les imprévoyants de payer leurs services;ce n'est pas pour rien que les Sapeurs Pompiers et les salariés de la VNF les surnommaient "les charognards"...
Avec la complicité des culs terreux du coin qui possédaient des terres en hauteur dont ils ne pouvaient plus rien faire à force d'être détrempées,certains petits malins se mirent à construire de vrais petits complexes avec l'inévitable garde meubles mais aussi des logements d'urgence avec douches,WC et tout ce qui s'ensuit;le malheureux qui croupissait dans la vase pouvait ainsi en quelques dizaines de minutes sauver ce qui lui était le plus cher puis se taper un solide repas pour se remettre de ses émotions et passer une nuit réparatrice,voire résider plusieurs jours en attendant que son antre soit redevenu habitable.
Tout ceci,hélas n'eut qu'un temps et cet astucieux commerce commençât à péricliter suite à la désertion des lieux par les locaux las de lutter contre les gravats et la bouillasse.
Seul ,le Gouvernement y trouva son compte en rachetant à vil prix les installations à leurs propriétaires et en les convertissant en logements sociaux.

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