dimanche 9 mars 2014

Épidémie dans l'espace (MNDF/Mars échec)

Librement inspiré d'une vidéo de"Mozinor"

Personne n'osait ouvertement l'admettre mais on se faisait copieusement chier dans le module spatial en partance pour Mars.
Les premières semaines avaient pourtant été palpitantes entre l'épisode toujours anxiogène mais délicieux de la mise à feu,la première mise sur orbite et les inévitables tracasseries et défis techniques que constituait l'assemblage de plus de 400 tonnes de matériel dans une gravité quasi inexistante.Le spectacle était bien entendu magnifique et la confrontation avec le "vrai" matériel,celui qui allait accompagner les spationautes pendant deux ans et demi s'avérait palpitant malgré les nombreuses séances de simulation et entrainements divers.
Malgré le fait que certains modules commençaient à dater à cause du manque de financement provoqué par la guerre de 2019,tout était nickel y compris la bouffe lyophilisée qui attendait là haut sagement depuis trois ans!
Tout se déroulait à merveille,mise en trajectoire réalisée au quart de poil,les équipements de survie et de confort remplissaient imperturbablement leur office,pas un accroc aux combinaisons,pas la moindre loupiote grillée,la seule inquiétude est venue d'une odeur désagréable émanant du circuit de recyclage de l'air mais c'était en fait ce crétin de Youri qui avait trouvé malin d'y insérer un hareng;quel déconneur ce Youri...

Pour améliorer l'ordinaire,les aventuriers disposaient de petites serres où ils pouvaient faire germer des graines,faire pousser des herbes aromatiques et divers végétaux à croissance rapide,cela amusa de prime abord beaucoup les passagers qui hors de cela n'avaient que de rares occasions de se bouger hormis les rébarbatives séances de maintien en condition physique.
Fatalement sur cette mer étale de morosité,il se produisit un incident,les six membres d'équipage se mirent à se comporter de plus en plus bizarrement,les logiciels d'analyse d'expression faciales censés repérer les comportements à risque se mirent de plus en plus à clignoter,façon guirlande de Nöel.
Il n'y avait pourtant pas de prime abord de troubles décelables chez les spationautes qui,contrairement aux craintes des spécialistes s’entendaient à merveille,peut être même un peu trop commencèrent à dire les psy.
Là haut,ce fut de plus en plus la fête du slip,ce qui n'était pas trop grave étant donné que tout était automatisé mais quand même,ce ne sont pas des manières quand on se trimbale dans une mince boîte de conserve à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de la Terre à dix fois la vitesse du son!
Hormis cette désinvolture galopante,les symptômes de l'épidémie étaient ténus:les membres d'équipage avaient les yeux un peu rougis ,une coordination des mouvements un peu pâteuse,rien de méchant et d'anormal dan un tel contexte.
On fit appel à un analyste pour savoir le fin mot de l'histoire,aucun malade ne voulant admettre qu'il l'était.
Le brave homme se tapa en accéléré tout l'historique filmé de la mission et constata que,rapidement,les caméras de l'espace vert se mirent inexplicablement à dysfonctionner,rien de décelable à un oeuil non averti mais les chiffres d'encodage se permettaient parfois des libertés arithmétiques,en gros,certaines scènes étaient manquantes ou montées en boucle.
Au troisième mois,une caméra déclara définitivement forfait ce que l'équipage ne prit pas la peine de signaler.
Dans l'esprit de l'analyste,les choses étaient parfaitement claires:il se passait quelque chose dans la salle G3 qui expliquait le phénomène;d'ailleurs après plusieurs jours d'observation discrète,le doute ne fut plus permis:ceux qui franchissaient le seuil de l'espace vert à l’abri des regards en ressortaient visiblement diminués !
Sommés de s'expliquer sous la menace de ne plus avoir de nouvelles de leurs proches,les fautifs dévoilèrent enfin la clef du mystère:la salle G3 avait dés la troisième semaine été convertie en serre hydroponique pour y faire pousser des plans de marijuana transgénique à croissance rapide,ajout personnel de Youri au kit de survie des futurs martiens.
Forts de leur succès,les comparses ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin et parvinrent ensuite à produire une petite vodka de derrière les fagots en utilisant une partie des végétaux et en économisant sur leurs rations.

Magnanimes et conscients que les occupants de ce bunker volant devaient quelquefois décompresser,les médecins et responsables à Terre permirent à ceux ci de continuer à faire pousser leur"tisane"à la condition expresse d'en faire un usage compatible avec la vie à haut risque dans l'espace histoire qu'ils ne se mettent pas à planer pour l'éternité dans le vide intersidéral en salopant plusieurs centaines de milliards de dollars de matériel.

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