samedi 3 mai 2014

Amarok for two

J’aimerais partager avec vous le curieux exercice auquel se sont livrés Gus Fogle et Jason Miller grâce au travail de retranscription de Ryan Yard:interpréter l'intégralité du très foisonnant album de Mike Oldfield avec seulement deux instruments:une basse électrique et un piano.
Amarok est à mon avis l'un des derniers grands albums du compositeur,il y renoue avec ses traditionnelles vues :présence de plages très longues occupant parfois à elles seules un album entier,prise de risque importante au mépris de toute considération commerciale,travail énorme sur le plan rythmique et mélodique et utilisation de textures sonores extrêmement variées à bon escient.
Pour ceux qui dans les années 90 ne connaissait pas cet auteur ou n'avaient entendu que ses morceaux tendance pop,Amarok a été probablement une grande claque,il a de plus la particularité d’être émaillé de références à tout ce que le musicien a produit entre 1972 et 1985,c'est une sorte de porte d'accès à toutes ses productions ambitieuses et une démonstration brillante de tout ce que ce musicien est capable de faire.

Interprété par deux instrumentistes talentueux,le concept album en est réduit à son architecture rythmique et mélodique,on peut donc entendre l'incroyable variété du travail d'écriture de l'album,voir ce qui a été emprunté au folklore traditionnel,à la musique classique contemporaine,au rock,à la musique purement conceptuelle,on entend parfois des accords étonnants à la limite de la dissonance que seuls les plus grands compositeurs peuvent se permettre.
Le défaut principal d'Amarok étant à mon avis un manque de fluidité par moments dues à certaines"sautes d'humeur"présentes dans l'album constitutives du concept(effet zapping) mais perturbantes et des passages guitare parfois un peu trop copieux (trop de superpositions),je pense qu'une version intermédiaire entre ces deux extrêmes serait tout à fait intéressante .

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