lundi 2 juin 2014

"Les plantes sont nos amies":(2063/MNDF)

Il y a quelques semaines,j'apprenais avec consternation que le "Null Stern Hotel"ancien abri civil anti atomique Suisse reconverti en hôtel de l'apocalypse par des artistes contemporains avait fermé.
Hors cet endroit insolite était destiné à servir de cadre à mes récits,tout devait s'articuler autour de 2063,date proche de la supposée destruction totale sur terre et dans l'espace de l'humanité et présent narratif.Il y aurait eu ensuite deux couches de passé racontées ou vécues par le narrateur:2043/2017 qui devait servir de matériau à l'enseignement des "orphelins" et de certains adultes et 2017 qui serait plus une suite de digressions du même sujet dans des états plus ou moins délirants;les témoins n'ayant d'ailleurs aucun moyen de savoir s'il y avait une réalité tangible derrière ce verbiage ou s'il s'agissait d'affabulations.
J'envisage actuellement des plans B restant dans l'idée de l'abri sous terrain ou sous glaciaire habité par des reliquats d'humanité choisis selon des critères fascistes et vivant en huis clos dans des conditions et un climax douteux.
J'ignore si j'aurais un jour le temps et l’énergie de structurer cet ensemble,en attendant,des textes d'anticipation continueront sporadiquement de paraître sur ce blog.
Si je me retrouve comme c'est probable au chômage dans quelque mois,j'essaierais de classer les textes déjà parus et j'y adjoindrait des textes périphériques ou de liaison/explication qui tenteront d’insuffler une trame logique au projet.

Mes accompagnateurs n'avaient prévenus:ce que j'allais voir était un peu déroutant.
ça l'était ,en effet.
Jusqu'ici,l’absence d'enfants dans le refuge ne m'avait pas frappé.
Il faut dire que jusqu'ici,il m'avait fallu digérer mon réveil dans une magnifique reconstitution 3D  évoquant le merveilleux monde utopique du Docteur Follamour,la suspicion qu'éprouvaient mes compagnons à mon égard vu qu'il n'y avait eu jusqu'ici aucune explication logique à ma présence sur place, j'aurais dû en toute logique servir de repas aux rares rats,chiens ou êtres humains ayant survécu aux radiations à la surface.
Dans leur sagacité,les tenanciers de ce barnum avaient supputé la présence de compassion et d'altruisme chez les sujets d'élite qu'ils avaient sélectionné,c'est donc dans un mouvement naturel que ceux ci se seraient occupé des "orphelins",les enfants là aussi triés selon des critères scientifiques qui étaient censés prendre la relève,réoccuper le sol dans trente cinq ans quand la majeure partie de la radioactivité se serait fait la malle et que les températures extérieures redeviendraient décentes.
Mais en fait non.
Ces divins esprits,des chiards,ils s'en foutaient;mais grave!
Ils ne s'étaient pas tapé des études prestigieuses et fait leurs preuves dans l'industrie,la recherche,la politique,l'économie ou la médecine pour devoir torcher des culs et administrer des calmants à de petits autistes psychotiques!
Faute d'accord,chacun devait faire son"quart"et infuser dans les chères têtes blondes ou brunes une part quelconque de savoir,de compétence qui s'avèrerait utile dans ce charmant endroit  ou dans d'hypothétiques extérieurs.
J'entrais donc dans une salle de classe.
Misère!
Il devait y avoir une cinquantaine de gosses alignés par rangs de quatre-du coup je pencherais plus pour 48- maigres,pâles comme des navets.Chacun était coiffé d'un casque de réalité virtuelle et exécutait un ensemble de gestes étranges,abstraits mais bizarrement semblables aux mouvements de ses proches,on se serait cru dans une reconstitution de chorégraphie de fête populaire communiste mais revisitée par Giger ou Bilal.Dans l'air flottait un parfum pas désagréable,un mélange apaisant de tourbe,d'argile,d'herbes fraichement coupées;je compris enfin.
Ces pauvres mômes était tout simplement en train de planter des arbres virtuels sur un substrat inexistant,je voyait devant moi les futurs pionniers,les agriculteurs de demain qui libèrerait le reste de l'humanité de sa dépendance aux bouillies organiques diverses et peu ragoutantes qui la maintenait en vie.
On m'avait donc apparemment attribué la tâche de superviser l’enseignement de ce triste troupeau d'enfants malingres et exilés;hors je n'avais jamais eu ou voulu de gosse et leur psychologie et leur logique m'étaient restés inaccessibles malgré mes quatre vingt ans d'existence;même si mon nouveau véhicule organique n'affichait officiellement  que cinquante ans et fonctionnait mieux que son prédécesseur même jeune ,ça allait être chaud!
Comprenant mon embarras,mes accompagnateurs me reconduirent dans mon espace personnel ou un assortiment de calmants et d’anxiolytiques divers-une spécialité du coin décidément-m'attendait sur une coupelle argentée.



Ps:Merci à"l'Autre Hidalgo"pour ses encouragements.

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