dimanche 11 janvier 2015

"Figurant De Supermarché (2017/MDF) 2ème partie

Debout,l'animal faisant encore plus peur,il s'était mis à transpirer comme un malade,ses mains tremblaient,il commença à avoir des tics latéraux de visage affreux et à jeter des regards d'enragé genre Bela Lugosi sous acides.
-oui,moi Modeste-Honoré Crevard,j'ai trouvé LA solution,j'ai ouvragé LE puissant mécanisme qui va nous extirper du marasme,'y'a pus de crise,fini la crise et tout cela grâce à MOI,vous entendez?
Difficile de ne pas l'entendre,le gugusse devait avoir atteint sans problème les 110 décibels,il allait pas tenir longtemps à ce régime,avoir une attaque,j'aurais l'air fin...
-Y'a plus de clients?Je vais vous en ramenez du client ,des chiées ,des brouettées,y'en aura partout,'saurez même plus quoi en foutre de vos clients!L'instinct grégaire,Panurge,comme des putains de fourmis,en rangs bien serrés,bien rangés comme les troufions de la Corée du Nord...
-Si ça ne vous dérange pas...J'aurais pas du le couper dans son élan car l'énergumène qui tirait déjà sur un très beau rouge pivoine virait maintenant sur une sorte de violet verdâtre;l'un de nous allait y rester dans cette affaire,c'est sûr!
Je pris la résolution de ne plus l'ouvrir quoiqu'il puisse se passer.
-ASSEZ!,rugit il,puis il s’effondra sur lui même ,devint limite liquide et alla piteusement récupérer son siège en se traînant comme un vieillard ,il se rassit lourdement près du bureau dans un bruit mat.L'accalmie ne dura cependant pas longtemps car déjà son regard redevenait magnétique,malsain,inquiétant. Il continuât avec une voix cassée,presque plaintive:
- Il n'y a plus de désir dans l' acte d'achat ,'comprenez...acheter est devenu une corvée,une nécessité,les gens hésitent à franchir les portes,jettent des regards soupçonneux sur les étalages ;il y a ne serait ce que cinq,disons dix ans,soyons honnêtes,les péquenots se ramenaient spontanément sur place,étaient curieux de ce qu'ils pourraient trouver somme salop...hum,comme produits à acheter;il y amenaient leurs gosses sous prétexte que ça leur faisait  une sortie,que c'était de toutes façons moins cher que de les traîner au ciné ou à Disneyland,ils repartaient avec cent vingt,cent cinquante euros de babioles,tout le monde était content...
Hélas...
Toute la délicate mécanique du marché de masse a été détruite,cassée,anéantie par la récession,par les discours lénifiants et déprimants des politiciens véreux,ces salopards ont foutu leurs sales doigts graisseux dans les entrailles de la bête et l'ont presque mis à mort,SAUVAGES,MÉCRÉANTS!,Il reprit avec une voix presque enfantine,légère:
-Pourtant à la base,nous vendions du rêve,that is fucking paradise ! Tout à portée de la main,pour pas cher,c'était un show permanent,lumières,présentoirs fantaisie,on a compris trop tard que les barnums avec les animateurs qui braillaient faisaient fuir tout le monde,pour le pas cher,c'est certes mort,d'ailleurs limite on perd du fric ...Il pleurait presque mais l'oeuil restait noir,incandescent...
-Mais moi je dis:SHOW MUST GO ON!,je dis nouvelles stratégies,travail en sous marin,tout en finesse,dans le subconscient,attaque en velouté du cerveau reptilien,je vais en faire des zombies de tout ces ploucs et vous,vous allez m'aider...


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