lundi 26 janvier 2015

"Mamie et les algorithmes/Compagnon" (2017/MNDF) 1ère partie

Lecture déconseillée  à ceux qui ont un proche âgé en fin de vie


Depuis une bonne vingtaine d’années,le Ministère de la Santé privilégiait pour les "Seniors"le maintien médicalisé à domicile plutôt que le séjour souvent irréversible dans une maison de retraite ou un hôpital.
Ceci n'était pas fait dans un but humaniste mais relevait bien entendu d'un vulgaire calcul comptable:un lit hospitalisé coûtait beaucoup plus cher à la journée qu'une ou deux visites de spécialistes de la santé par semaine même en y ajoutant une femme de ménage.De surcroît,cet état de fait permettait ensuite de planifier le démantèlement des petites structures hospitalières sous le prétexte qu'ils n'avaient plus assez de"clients";'c'est pas des cons les technocrates quand même...

Hélas pour eux,ces rapaces avaient tort à long terme car si la journée de maintien en vie du "Senior" était mois onéreuse,les bénéficiaires en profitaient sournoisement pour se prolonger un peu plus:un papi grabataire qui n'aurait pas tenu trois semaines dans un hosto obsolète de province pouvait miraculeusement se retaper chez lui,ce type de cas était fréquent au début du printemps quand les frimas et la luminosité douteuse s'en allaient ;à la longue,cette petite plaisanterie pouvait générer des pertes sèches de plusieurs dizaines de milliers d'euros bien plus utiles pour armer nos troufions pour mener des guerres officielles ou officieuses bidon.
La problématique des responsables était donc la suivante:comment donner l'illusion au péquenot vieillissant et à son entourage que l'on prenait mieux soin de la santé du troisième âge qu’auparavant tout en tirant les prix vers le bas ?

C'est là qu’invertirent dans un premier temps les Pôles de Santé:en envoyant un petit hôpital aux oubliettes,on pouvait sans problème créer trois ou quatre de ces machins qui certes ne traitaient que le tout venant  mais qui permettaient de faire de substantielles économies en paperasse et en personnel médical,personnel qu'on sous payait d'ailleurs souvent car ne venant pas pour la plupart de la métropole.Les cas urgents se retrouvaient satellisés à plusieurs dizaines de kilomètres;ils vont crever,qu'il mangent de la brioche! 
Une fois les Pôles installés et c'est là que se précise le côté vicieux de l'affaire,il fallait ré ouvrir les hôpitaux sacrifiés pour héberger les éléments les plus fragiles afin qu'ils cannassent en quelques semaines au lieu de pomper ad æternam deux ou trois Smic par mois.Les réouvertures seraient bien entendu low-cost et financées par un savant assemblage  de subventions européennes,d'augmentations des impôts locaux,de suppression en douce de certains services à la personne;en gros si toute cette petite cuisine était bien orchestrée ça ne devait quasiment rien couter à L’État ,mieux,il y aurait sans doute des économies effectuées.

Pour bien cacher la merde au chat,on employa  alors une rhétorique humaniste pour justifier l’exil des vieux croutons en insistant lourdement,reportages télé à l'appui sur le calvaire que leurs conjoints un peu moins faisandés enduraient pour leur assurer un minimum de qualité de vie,que ça serait plus sympa pour eux si leur tendre moitié allait moisir ailleurs,que c'était bien gentil les kinés,les infirmières,le médecin de famille -inféodé aux grands laboratoires pharmaceutiques qui leur offraient des vacances/séminaires gratos-mais que ça ne remplaçait pas les pros top de la balle qui occupaient les centres hospitaliers dont vous aviez réclamé d'ailleurs-bande de pénibles- le retour à grands cris alors faites pas chier!
Coupant l’herbe sous le pied aux éventuels pleurnichards qui argueraient qu'il n'est pas humain de laisser seule une personne âgée après qu'elle aie partagé sa vie avec un confident depuis des décennies,Le Ministère de la Santé mis rapidement en place le programme "Compagnon" afin de pallier efficacement et sans extravagances budgétaires à ce problème.


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