mercredi 25 février 2015

"Ceci n'est pas mon corps"(MNDF/2017) 2 ème partie

J’ignore encore aujourd'hui ce qui me poussa à acheter deux billets de loterie à une espèce de vieille bohémienne en revenant d'une de mes énièmes beuveries.Celle ci m'avait sans doute vu arriver de loin,avait évalué mon état en quelques secondes et avait alors sorti un argumentaire bien rôdé où il était question à la fois d' œuvrer pour le bien de l'humanité et de pouvoir gagner des lots prestigieux,je ne pourrais en dire plus puisque ce soir là,je naviguais  tranquillement dans les trois/quatre grammes.
Je serais averti en cas de gain par SMS sur mes implants cornéens qu'elle disait...Mon oeuil,j'étais alors sûr que ma mise serait vite convertie en Krokodil dès que j'aurais le dos tourné...

Pourtant,une semaine plus tard,je reçus effectivement un message où j'apprenais que j' étais invité à la soirée "I Feel Love"qui se déroulerait dans les caves d'une prestigieuse maison de champagne d' Épernay à l'occasion des 90 ans du vénérable compositeur Italien Gorgio Moroder et de ses 70 ans de carrière.Le temps de me traiter intérieurement de sale con raciste et de me demander comment l'énergumène avait eu mes coordonnées,je décidais évidemment de profiter de l'occase d'autant plus qu'on ne se foutait pas de moi;déjeuner dans un restaurant trois étoiles,cours d’œnologie avec dégustations et quelques grands crus pour vérifier les nouveaux acquis,crus d'autant plus précieux que la production du nectar divin s'était officiellement interrompue en 2028 ,puis,cerise sur le gâteau soirée avec le musicien mythique qui sortit presque à lui seul* la musique électronique du ghetto élitiste post soixante huitard où il végétait .

Je vous épargnerais les détails de mes aventures gastronomiques où ce m'a surtout marqué sont les explications du maître d'hôtel sur les trésors d’ingéniosité auxquels devaient recourir les maraichers pour parvenir à produire des légumes corrects quand la température extérieure descendait rarement en dessous de trente degrés en période de production.
Du champagne,je n'avais presqu' exclusivement connu que le bon brut de supermarché à dix euros,inutile de dire que ce que j'ai bu cet après midi là n'avait strictement aucun rapport avec ce détartrant.Fait amusant;alors que les producteurs Champenois avaient toujours galéré comme des misérables pour parvenir aux fameux douze degrés cinq chers à Boris Vian jusqu'au milieu des années 90,ils connaissaient maintenant le phénomène inverse:le raisin sous le nouveau climat nord saharien permettait sans vergogne de produire des "fruit bombs" à quinze voire seize degrés avec les méthodes traditionnelles .
On appliqua imprudemment ces titrages délirants sur le célèbre vin apéritif mais la pression à l’intérieur des bouteilles,trop forte,condamnait les consommateurs imprudents à tester un nouveau style de soins capillaires,il fallut avoir recours d'une part à l'abandon de l'ajout de liqueur lors de l'élaboration du breuvage et d'autre part utiliser des procédés de fermentation"à froid" réservés jusqu'ici aux bières peu alcoolisées ;de plus,une partie du sucre excédentaire était retirée dès l'extraction du jus par un procédé de filtrage par osmose inverse pour éviter que le résultat final n’évoquât trop violemment le panaché.
Du coup,on était désormais loin de l'image d’Épinal du brave papi qui foulait le raisin avec ses pieds pour en extraire le nectar divin qui faisait passer Patrick Sébastien pour Jean Sébastien Bach...



*Affirmation honteuse qui me permet entre autres de ne pas parler (pour l'instant) de Brian Eno vu que ça risquerait de partir sur des digressions de l'ordre de 10/20 pages alors que je ne connais pas toute sa discographie ni tous les artistes avec qui il a collaboré ou qu'il a produit car les majors étaient trop obtuses pour comprendre leur talent.
Si vous aimez la musique électronique et/ou sérielle et que vous tapez"Brian Eno"ou dans un autre registre"Robert Fripp",je vous promet une série de nuits blanches instructives bien carabinées...

3 commentaires:

  1. hello maître crevard,
    j'crois qu'il me reste un deuxième exemplaire de Cosmas ou la Montagne du Nord d'Arno Schmidt.
    Intéressé ?
    krrr.

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    1. Merci pour cette offre généreuse mais je ne n'ai pas grand chose à proposer en échange vu la pauvreté de ma bibliothèque
      De plus,envoyer un bouquin par la poste doit couter un bras,pas sûr que l'opération soit rentable sauf si l'auteur n'est pas édité en poche.
      Dès que je serais jeté de mon boulot d'esclave à la con,je vais m'offrir une sérieuse séance de rattrapage au niveau littéraire,je continuerais donc avec plaisir à squatter ton blog .

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    2. hey ya pas d'obligation d'échange !
      & puis c'est pas Cosmas en fait, c'est Histoires...
      la proposition tient donc toujours.
      & j'me servirai sur la bête quand 1 jour elle aura engraissé...
      don't worry !
      si ça te dis, par mail, tu m'donnes ton adresse & on verra ce que je ferais...
      so long,

      krrr.

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