dimanche 8 mars 2015

"Ceci n'est pas mon corps" (2017/MNDF) :3 ème partie

Les caves calcaires et blondes dans lesquelles devaient se dérouler la soirée avaient en fait un aspect extérieur d'une sobriété rare,quasi monastique.
Alors que la journée se déroulait on ne peut mieux,je fus pris d'un doute:et si l'ambiance était en fait guindée et que j'allais  me faire chier comme un rat mort? Moroder que je croyait -honte à moi- mort depuis au moins dix ans serait il capable d'animer tout ce barnum?
Les deux espèces de terminators bodybuildés qui barraient l'entrée de leur masse imposante rafraichissaient l'atmosphère,enfin,je me comprends:il faisait encore un bon petit 35 dehors ce qui ne m’aidait guère à récupérer de mes excès.
Le premier choc qui accueillait le visiteur après le sas d'entrée décontaminant qui ne laissait filtrer aucune onde sonore fut justement la musique de l'invité d'honneur qui trônait au milieux d’équipements électroniques futuristes au centre d'une bulle translucide surplombant l'ensemble de la pièce principale.
L'antique musicien y officiait dans une grande tiare grenat mettant en valeur une opulente chevelure blanche et une bonne dizaine de kilos de chaînes et de bijoux et y concoctait une musique semi improvisée mêlant percussions samplées assemblées en de savants canons,nappes de didgeridoos ou de cornemuse et locutions vocales rappelant les langues africaines cliquées,pas dégueulasse du tout et sournoisement psychédélique mais avec une profondeur organique,tribale qui n'existait pas chez les meilleurs groupes complètement barrés de la fin des années 60.*
Il fallait dans cet antre un maître des lieux et personne ne pouvait donc ignorer l'affable et sirupeux "Monsieur Dominique",relique lui aussi du vingtième siècle et rendu tristement célèbre par ses exploits sexuels qui ne tolérait pas qu'on l’appelât autrement que par le pseudonyme grotesque qu'il s'était choisi depuis une quinzaine à savoir"fleur de cactus";il ne devait plus beaucoup piquer le cactus à mon avis,ou alors peut être  dans les caisses  de son parti politique ...
Malgré la température qui était agréablement redescendue autour d'une vingtaine de degrés,l'ambiance était plutôt torride,voire tropicale.Si les représentants de la gent masculine étaient passablement défraîchis ce qui me mis rapidement à l'aise,il y avait par contre de somptueuses jeunes femmes,pas voilées pour un rond et qui n'avaient pas l'air particulièrement farouches;ils sont trop forts ces qataris,c'était bien la peine d'aller jeter des cailloux sur Houellebecq quand il avait sorti"Soumission"en 2015: si la religion avait marché moyen,par contre,pour le cul et le business,bravo!
Peu à l'aise dans ce genre d'évènement où se rassemblaient plusieurs centaines d'individus,je remarquais rapidement une série de petites alcôves disposées en arc de cercle au fond de la salle occultées partiellement par des rideaux à bandes verticales,des Norens où courraient des prénoms féminins en écriture cursive.
Une puissante odeur de cannabis émanait de l'une de ces niches me rappelant la seule période intéressante de mon existence où j'étais pris dans un tourbillon créatif et irresponsable m'attira irrépressiblement,j'eus en entrant la vision furtive d'un androïde sexuel de très belle facture allongé lascivement sur un canapé satiné flottant à quelques centimètres du sol puis je perdis rapidement connaissance.

*Les fans de Sean Bonniwell vont m'étriper..

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